En faveur d'une approche utilisateur
Je suis dans la fonction publique. Une fois un chimiste s'obstinait avec un informaticien sur les couleurs du futur site. On était 19 dans la salle. Ça fait cher la couleur. C'est qu'on ne manque pas de réunions où les participants peuvent s'exprimer sur tout. C'est très démocratique. Le problème est que tu fais deux trois réunions de même et tu te retrouves avec une espèce de boule piquante que tout le monde se garroche. ...lire la suite »
Je suis dans la fonction publique. Une fois un chimiste s'obstinait avec un informaticien sur les couleurs du futur site. On était 19 dans la salle. Ça fait cher la couleur. C'est qu'on ne manque pas de réunions où les participants peuvent s'exprimer sur tout. C'est très démocratique. Le problème est que tu fais deux trois réunions de même et tu te retrouves avec une espèce de boule piquante que tout le monde se garroche.
Pourtant, curieusement, les gens ont de bonnes intentions et veulent servir adéquatement. Un problème est qu'on tente parfois de faire ce que l'on pense que les gens veulent plutôt que d'aller vérifier finement les besoins à combler et décider du projet et des technologies ensuite. Les choses à faire viennent naturellement après. Il n'y a plus de discussions loufoques.
Bon, on a des obligations et des contraintes qui sont parfois déplaisantes. Ça va toujours rester! Ça fait rien, c'est notre job de rendre ça agréable ou le moins pénible possible pour vous, même quand c'est plate de venir à notre rencontre. On se doit de bien connaître et respecter la réalité de la personne à servir avant d'imaginer des affaires pour elle en réunion. Même si tout cela se fait en toute bonne foi.
Il y a des fois où on va à la rencontre des gens. Il y a ici maintenant, mais on peut penser aux focus-groupes et sondages. On se retrouve à demander ce que les gens veulent ou pensent de telle affaire. Moi j'en voudrais une Ferrari, mais ça n'arrivera pas, je suis juste un fonctionnaire. C'est la même chose pour nos projets : si on fait tout ce que les gens veulent, ça va devenir impossible à concilier. Notre Ferrari imaginaire va se transformer en Lada, même si chacune des pièces individuellement est bonne.
Une approche utilisateur demande peu ce que les gens veulent, mais cherche à savoir ce qui rendrait la relation entre l'organisation et la personne la plus agréable possible pour la personne, peu importe où, comment, quand, incluant si tu trippes sur le C.B (bon peut-être pas jusque-là).
Ceux qui pratiquent cette approche étudient plus méthodiquement les motivations et le contexte que les désirs des gens. Il y a des tests utilisateurs, de l'analyse statistique, le respect de normes sévères de qualité, etc. Toutes sortes d'activités directement opérables et évolutives. L'outil pour le faire, le canal, ça compte comme une bonne caméra dans un film, mais la technologie est ultiement là pour soutenir de quoi d'autre. Elle demeure essentielle.
J'inviterai pas matante au bureau pour lui demander si le code html respecte le W3C. Ce que je sais, c'est qu'elle sera bien contente si le site s'utilise bien même depuis son opération. Toute la job sale, mais satisfaisante quand bien faite, ça revient à l'organisation à la faire. Donc, il y a une limite à l'inclusion, même dans une approche utilisateur.
Mettre la personne au centre des projets, ce qui semble évident dit de même, c'est une porte de sortie aux projets technologiques problématiques que nous avons parfois. C'est autant une philosophie qu'une méthode. La personne ne doit pas avoir à s'adapter à la technologie. Nous avons la tâche de rendre la technologie la plus douce possible. Si elle pouvait s'effacer totalement, ce serait encore mieux.
On peut ben avoir du fun ensemble sur Facebook, mais assurons-nous de régler certaines affaires fatiquantes en premier ou en même temps que ça se passe, comme en participant ici. Faudrait savoir qu'est-ce qui pourrait s'améliorer, essayer de mieux comprendre nos réalités, plutôt que de changer drastiquement de quoi (sauf qu'il faut quand même des premières fois à tout). Puis on peut peut-être utiliser le média social pour se transformer ensemble ou encore partager nos données brutes pour mieux comprendre notre environnement. L'indépendance du processus est cruciale, même si à la fin de la journée, la job de concrètement bien faire les choses revient à l'organisation. En ce sens là, l'approche utilisateur sert d'abord la personne, mais s'avère très bénéfique pour l'organisation. Donc, nous tous.

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