Je me suis souvent demandé dans des contextes professionnels «Qu'est-ce qui est impossible à faire maintenant, mais qui devenant possible, améliorerait sensiblement la qualité de notre organisation ?». En éducation... on pourrait se poser cette question. Est-ce qu'un levier existe pour améliorer les apprentissages ?
J'ai principalement travaillé en éducation depuis 1983 (prof/cadre scolaire) et depuis 2005, j'aide des
...lire la suite »
Je me suis souvent demandé dans des contextes professionnels «Qu'est-ce qui est impossible à faire maintenant, mais qui devenant possible, améliorerait sensiblement la qualité de notre organisation ?». En éducation... on pourrait se poser cette question. Est-ce qu'un levier existe pour améliorer les apprentissages ?
J'ai principalement travaillé en éducation depuis 1983 (prof/cadre scolaire) et depuis 2005, j'aide des institutions/entreprises à intégrer ces outils du Web participatif pour qu'ils soient davantage au service des apprentissages. Au fil du temps, j'ai découvert que les jeunes ont souvent besoin d'un public devant qui «se produire» pour compléter les apprentissages faits en classe sous la gouverne de leurs professeurs. Écrire en public, diffuser des images, des productions sonores ou vidéos devient un puissant levier quand on parvient à encadrer ces démarches en protégeant certains renseignements personnels et plus sensibles, surtout pour les enfants d'un certain âge…
Dans les sports, on ne peut pas se contenter de toujours pratiquer et de faire des exercices. De temps à autres, il faut jouer de vraies parties devant des spectateurs. Même chose en musique ou dans les arts... Pourquoi ce serait différent pour l'écriture en public?
Cela dit, je rêve d'un espace public où la production de notre jeunesse serait mise en valeur. Il me semble que le gouvernement par son ministère de l'Éducation pourrait permettre à tous les citoyens d'accéder à certains travaux d'élèves. D'un compte-rendu de lecture au visionnement de la pièce de théâtre de fin d'année, en passant par le concert de musique, le match de basketball ou le vernissage de certaines oeuvres… nous gagnerions tous en tant que société à ce que les murs de nos écoles deviennent des fenêtres!
Il y aurait des règles à mettre en place... je m'en doute.
J'ai expérimenté cette façon de faire à petite échelle à partir de 2003 dans l'école que je dirigeais. Cette pratique existe encore aujourd'hui, même si je ne suis plus le directeur de cette école. Aujourd'hui, huit ans plus tard, de nombreuses expériences du même genre (encore trop rares, j'en conviens) permettent à des jeunes de voir leur travail commenté, critiqué et surtout, vu/lu/entendu… injectant ainsi une forte dose de motivation à se corriger et à devenir meilleur. Ces usages peuvent favoriser les apprentissages des élèves et des étudiants...
Travailler en vase clos pour un professeur ou ses parents (quand ils portent attention) est souvent intéressant, mais quand on sait que les jeunes ont maintenant la possibilité de montrer à la planète ce dont ils sont capables… je me dis qu'au lieu de les voir débarquer n'importe comment sur un blogue/YouTube/Facebook/MSN ou ailleurs sur La Toile, on pourrait dans un service public encadrer cette pratique et la pousser à devenir «éducative»… Non ?
Je vois un lieu de diffusion tous azimuts. Un moteur de recherche par thème, par niveau ou par format de publication quitte à ce que ce lieu agrège du contenu en provenance de ces fameux «médias sociaux» de façon à mettre ensemble tous ces adultes qui ont du temps à donner et qui ne demandent qu'à servir de public à des jeunes en apprentissage en grande quête d'attention ! Parce que je crois que les gens pourraient réagir... bien entendu !
Il pourrait y avoir des mécanismes qui feraient remonter certains contenus.
Il pourrait y avoir certains processus «qualifiants» pour certains intervenants qui auraient développé une notoriété dans cette plateforme et de qui «un feed-back» pourrait compter davantage qu'un autre?
Il pourrait y avoir des «jardiniers» qui voient à ce que le lieu demeure sécuritaire et constructif. Des modérateurs, des animateurs… des éducateurs à la vie numérique, en quelque sorte !
Bref… je vois un agora où le potentiel créatif de notre jeunesse serait mis en valeur.
Je vois des blogueurs, des twittérateurs, des vidéastes et artistes en herbe de tous les genres nous permettre de les voir apprendre de façon ouverte et transparente. Je vois des personnes qualifiées pour encadrer cette production.
Je vois les élèves et les étudiants du Québec nous montrer ce dont ils sont capables… et des citoyens davantage engagés dans les apprentissages des jeunes du Québec qu'ils le sont actuellement.
Un lieu devenant presque le portfolio numérique des apprentissages du Québec...
« Précédent
Consulter l'idée »
Médias sociaux